Énumération des différents traitements pour l’œil sec

Opto-MAG|2025| Tiffany Espenel

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« La sécheresse oculaire est une maladie multifactorielle de la surface oculaire caractérisée par une perte de l’homéostasie du film lacrymal et accompagné de symptômes oculaires, dans laquelle l’instabilité et l’hyper osmolarité du film lacrymal, l’inflammation et les lésions de la surface oculaire ainsi que des anomalies neurosensorielles jouent des rôles étiologiques. »

Les principaux symptômes de la sécheresse oculaire sont nombreux : sensation de corps étrangers, brûlures, paupières collées le matin, manque de larmes, œil sec, larmoiements, hyperhémie conjonctivale, prurit oculaire, photosensibilité, etc. Tout comme les facteurs de risque : l’âge, le sexe, origine ethnique, le fonctionnement des glandes de meibomius, syndrome de Sjörgen, utilisation d’ordinateur, port de lentilles de contact, conditions environnementales (pollution, faible taux d’humidité), utilisation de médicaments (antihistaminiques, antidépresseurs, anxiolytiques, isotrétinoïne, œstrogénique), diabète, couperose, chirurgie réfractive (LASIK et chirurgie au laser excimer), ménopause, etc.

La prévalence de sécheresse oculaire est de 5 à 50 % avec ou sans symptômes. 15 à 25 % des personnes de plus de 65 ans sont atteintes. La première cause de sécheresse oculaire est le dysfonctionnement des glandes de meibomius : 30% des étiologies.

1. Première intention

A) Éviter les facteurs aggravants

  • Frottement, maquillage excessif, tabac, poussières
  • Climatique : vent, faible humidité, forte chaleur, froid, climatisation
  • Mauvaise correction optique
  • Lecture prolongée
  • Automédication
  • Lentilles

B) Rééducation du clignement

Cligner très fortement 15 fois par jour pendant 5 secondes. Le plus difficile reste d’y penser. Il est possible de mettre une alarme sur son téléphone ou d’utiliser des logiciels stimulant le clignement.

La règle des 3/3/3 peut également être appliquée pour stimuler et vider les glandes de meibomius : fermer les yeux et compter jusqu’à 3 _ Serrez les paupières et compter jusqu’à 3 _ Ouvrir les yeux et compter jusqu’à 3.

C) Hygiène palpébrale

Avec un masque chaud. L’objectif est de liquéfier le meibum et de vider les glandes de meibomius par massage. Le protocole est de chauffer les paupières pendant 5 à 10 minutes avec une température de 40 degrés, puis les masser et les nettoyer à l’aide de lingettes imbibées ou de shampoing pour bébé dilué. Cela permettra d’éliminer les croûtes et collerettes de sébum à la base des cils, de nettoyer le bord libre en réduisant le taux de médiateurs inflammatoires et agents bactériens.

Il est également possible d’utiliser une lavette ou des compresses chaudes, en les remplaçant toutes les 2 minutes pour maintenir la chaleur.

D) Pauses visuelles

La règle des 3*20 indique de faire une pause toutes les 20 minutes, pendant 20 secondes en regardant à 20 pieds (6 mètres).

E) Hydratation

Des données observationnelles suggèrent que l’état d’hydratation du corps entier pourrait influencer directement l’expression clinique du syndrome d’œil sec. Il faut penser à boire 2 L d’eau par jour.

F) Humidificateur d’air

Taux idéal : 45 à 50%

G) Alimentation

  • Acides gras essentiels : Oméga 3 et 6
  • Éviter dans le cas d’une acné rosacée épices, acides, café, alcool
  • Compléments alimentaires

H) Substituts lacrymaux

Ils sont nombreux et le choix dépend de la sévérité ainsi que de la cause. Leur intérêt est d’hydrater la surface oculaire ; soulager l’irritation oculaire par création d’un nouveau film de larme ; assurer les fonctions protectrices et nutritives ; diluer la part de molécules pro-inflammatoires.

Mucomimétique

  • Capacité d’adhérer aux cellules epithéliales en améliorant la couche mucinique
  • Augmenter la rémanence

Lipidique

  • Substitution plus difficile du fait de la compléxité de la structure
  • Améliorer la stabilité du film lacrymal

Osmoprotecteur

  • Contrôler l’hyperoamolarité lacrymale

Catégorie de molécules nécessaires en fonction du type de sécheresse oculaire :

I) Lunettes de protection nocturnes

Elles s’avèrent très utiles pour les problématiques de mauvaises occlusions palpébrales.

J) Pommade à la vitamine A

Substitut lacrymal compact, en crème, à mettre dans le fornix le soir au coucher pour aider à régénérer la cornée en cas de KPS.

2. Deuxième intention – En centre d’ophtalmologie

A) Expression forcée

Utilisation des pinces à DGM (dysfonctionnement des glandes de meibomius).

B) BLEPHEX

Nettoyage du bord libre et des cils grâce à une petite brosse rotative. Il convient particulièrement en cas de blépharite.

C) Débridement de la ligne de Marx

Celle-ci se réalise à la spatule pour permettre d’éliminer la kératinisation qui peut obstruer les méats meibomiens.

D) LIPIFLOW

C’est un système de thermothérapie. L’objectif est d’évacuer simultanément le contenu des glandes, tout en les chauffant (12 minutes à 42,5°C). Celui-ci améliore les symptômes du patient, après un seul traitement l’efficacité est perçue entre 6 mois et 3 ans. L’inconvénient reste le coût onéreux.

E) Lumière intense pulsée

Cette technique est très utilisée pour les télangiectasies et pour les rosacées oculaires. Grâce à une lampe à arc au xénon, l’action sera de liquéfier le meibum et d’obstruer les télangiectasies. L’effet sera anti-inflammatoire, antibactérien et diminuera les douleurs du patient.

F) Photobiomodulation

Ce casque utilise l’énergie électromagnétique non ionisante avec une lampe à arc au xénon. Son fonctionnement est le changement photochimique des structures cellulaires. L’utilisation de la lumière bleue sera indiquée pour les infections ; la lumière rouge pour favoriser la cicatrisation post-blépharoplastie ; la lumière jaune pour le traitement du chalazion et le dysfonctionnement des glandes de meibomius.

G) Résonance moléculaire quantique

Cet appareil utilise un champ électrique haute fréquence de faible puissance capable de stimuler le métabolisme et la régénération naturelle des cellules.

H) Occlusion des points lacrymaux

Par une chirurgie, l’ophtalmologue peut poser des bouchons méatiques résorbants ou fixes. L’objectif est la conservation des larmes lors de déficit de sécrétions basales ; en revanche, le maintien de cette qualité de larmes reste très inflammatoire. Les inconvénients sont également que les bouchons peuvent se perdre facilement, et qu’ils ne conviennent pas au dysfonctionnement des glandes de meibomius.

I) Lunettes à chambre humide

Celles-ci sont conçues spécialement pour ralentir l’évaporation des larmes, fournir un environnement humide et minimiser le flux d’air au niveau de la surface oculaire.

J) Lentilles de contact

  • LSH : Objectif :
    • Lentilles pansement
    • Améliorer le confort oculaire
    • Réduire les effets de l’environnement défavorable
  • Sclérale : Objectif :
    • Réservoir de larmes
    • Alternative à la tarsorraphie

Conclusion

Nous pouvons en conclure qu’il existe énormément de façon de prendre en charge nos patients souffrant d’œil sec aussi bien par des gestes simples à appliquer au quotidien que par des actes ophtalmologiques en cabinet.

Cette énumération de traitements reste incomplète au vu du nombre de solutions existantes et chaque point mérite d’être approfondi pour maîtriser parfaitement la technique. Le but de cet article étant de susciter l’envie aux praticiens d’agir et de questionner davantage leurs patients au sujet de la sécheresse oculaire. L’œil sec est un sujet actuel qui touche de plus en plus de personnes avec notre mode de vie actuelle, ainsi il semble primordial de le prendre en charge.

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